selection d'articles

APNA facebook logoAPNA logo linkedin

S5 Box

Login

Register

You need to enable user registration from User Manager/Options in the backend of Joomla before this module will activate.

Retrouvez l'interview du président de l'association France DC3, Gabriel Evêque.

 

 

APNA mag’

Nombreux sont les pilotes d’Air France et d’Air Inter qui vous connaissent comme un de leurs collègues (CDB Viscount, Mercure, A300, A330, A320). Mais tous ne savent pas que depuis 25 ans vous consacrez une partie de votre temps à faire vivre un monument de l’histoire de l’aviation : le DC3.

 

Gabriel Eveque

Je connaissais le DC3 comme tous les passionnés d’avions jusqu’au jour où je l’ai moi-même piloté en tant qu’instructeur à Saint-Yan. C’était l’époque des stagiaires A4 et A5 dans les années soixante. Après le SFA, je suis parti à Air Algérie où j’ai volé sur plusieurs machines (DC4, Caravelle, Convair 640, etc.) et j’ai surtout participé à la création d’une école de pilotes de ligne pour Air Algérie sur DC3. Outre l’intérêt que j’avais pour l’avion et ses qualités de vol, le rôle essentiel qu’il avait joué pendant la deuxième guerre mondiale me passionnait. C’est donc tout naturellement qu’en 1990 lorsque le F-GDPP (un Dakota C47B né en 1943) s’est retrouvé à l’état de quasi-abandon après avoir été saisi par une banque que je me suis associé à quelques copains, collectionneurs comme moi, pour créer une association et racheter l’avion.

 

francedc3 1 

 

AM - Comment s’appelle cette association ?

 

GE - Il s’agit de « France DC3 » dont la raison d’être est de maintenir cet avion en état de vol et de le faire voler. Nous voulions un avion qui vive, pas un « avion musée » relégué à un rôle d’objet d’exposition. Ceci explique tout le reste, aussi bien les meetings que les partenariats et notre présence dans de nombreuses manifestations aériennes.

 

 

AM - Vous a-t-il fallu longtemps pour le remettre en état ?

 

GE - Sur le plan technique, la remise en état de vol n’a pas été longue mais nous n’avions absolument aucune idée au départ de la façon dont s’organiserait sa nouvelle carrière.

 

 

AM - Comment êtes-vous entré dans le circuit des meetings ?

 

GE - C’est un cercle vertueux qui s’est créé grâce à une première participation en tant qu’avion logistique pour le transport des bagages et des officiels sur le tour de France aérien des jeunes pilotes. L’essayer c’était l’adopter et c’est ainsi que notre beau DC3 s’est retrouvé peint aux couleurs de « L’envolée Air Inter ».

 

 

AM - Que s’est-il passé au moment de la fusion Air France - Air Inter ?

 

GE - Le partenariat avec Air Inter s’est arrêté. Nous n’étions plus en mesure, sans le support de la compagnie, d’entretenir et de faire voler un tel avion. Nous nous sommes donc résignés à le vendre.

 

 

AM - Pourtant vous êtes toujours président de France DC3 et il vole aujourd’hui avec la magnifique livrée des années cinquante d’Air France, expliquez-nous !

 

GE - La société belge qui nous avait rachetés l’avion en 1998, lors de la fusion, a tenté de l’exploiter en transport public mais, à l’issue d’une panne en vol où il s’était posé à Limoges, elle l’a quasiment abandonné pendant deux ans avant de le remettre en vente. Quelques-uns, parmi ceux qui étaient à l’origine de France DC3, se sont de nouveau mobilisés pour cet avion afin qu’il ne parte pas à la casse. Après deux mois de travaux à Limoges, et avec quelques volontaires mécanos dont certains sont toujours présents, l’avion a été convoyé à Orly. Il a ensuite participé à quelques meetings militaires mais n’aurait pu rester en vie sans l’appui d’Air France. C’est l’intervention du président Spinetta et l’engagement d’Air France Industries qui ont permis qu’il soit momentanément hébergé dans un hangar disponible sur l’aéroport du Bourget. Puis, l’avion qui avait été peint aux couleurs d’Air France une première fois pour fêter les soixante-dix ans de la compagnie a été repeint pour moitié aux couleurs de KLM pour fêter la fusion avec la compagnie néerlandaise. Un véritable partenariat s’est alors installé entre Air France et France DC3.

 

 

AM - Qu’en est-il aujourd’hui, en quoi consiste ce partenariat ?

 

GE - Notre DC3 dispose, grâce à Air France et à ADP, d’un hangar et de moyens à Orly. C’est un atout majeur pour sa conservation en état de vol. Cela permet son maintien au sec en toutes circonstances mais cela permet surtout son grand entretien durant l’hiver. Nos mécanos sont des anciens d’Air France qui exercent au quotidien leur passion pour cet avion dans de bonnes conditions grâce à ce hangar. Et n’importe quel hangar ne conviendrait pas car l’envergure du DC3 avoisine les 30 mètres. Un accord de partenariat a également été signé avec Air France Industries afin de pouvoir bénéficier de quelques soutiens. En contrepartie, France DC3 fait voler un avion magnifique portant la livrée Air France des années cinquante devant les yeux de centaines de milliers de spectateurs chaque année car notre présence dans les meetings est toujours très visible et très remarquée. Ce sont aussi, par exemple en 2015, plusieurs millions de téléspectateurs qui ont pu admirer le DC3 sur l’Ile-de-France, lors d’une séquence de 20 minutes dans le magazine « des Racines et des Ailes ».

 

francedc3 3

 

AM - Avez-vous une activité autre que celle des présentations dans les meetings ? Proposez-vous par exemple des baptêmes ?

 

GE - Pas de baptême pour ce qui nous concerne car notre statut d’avion de collection avec un certificat de navigabilité restreint (CNRAC) nous l’interdit. Cependant, grâce au soutien de la DGAC, nous avons pu déposer un manuel d’organisme d’entretien et des procédures de sécurité qui nous permettent de transporter sept personnes en plus de deux pilotes. Nous disposons de six sièges en cabine et d’un siège complémentaire dans le cockpit, sans pouvoir, bien sûr, les utiliser commercialement. Nous pouvons également transporter et larguer une vingtaine de parachutistes en ouverture commandée et en ouverture automatique, honorant ainsi le passé militaire de notre avion par les largages fréquents de parachutistes (militaires, forces spéciales, associations de reconstitution historique et autres).

 

 

AM - Quels sont les projets de l’association ?

 

GE - En premier lieu bien sûr, continuer à faire voler cet avion le plus longtemps possible. Mais France DC3 a également intégré récemment un T6 provenant du CFA (Centre de Formation des Apprentis d’Air France, ex-Vilgénis). Il est actuellement en chantier de reconstruction et nous espérons le faire voler d’ici deux ou trois ans, sous les anciennes couleurs d’Air France, comme le DC3. Ce projet est passionnant car cet avion faisait partie de ceux utilisés par Air France pour la formation de ses pilotes de ligne dans les années soixante et a servi ensuite pendant de longues années à la formation des mécaniciens à Vilgénis.

 

 

AM - Merci Gabriel au nom de toute la profession ! Et longue vie à France DC3.

 

 

francedc3 2

 

0
0
0
s2sdefault

Roissypôle-Le Dôme    8, rue de la Haye CP10986   95733 Roissy CDG Cedex  
Tél. : 01.41.56.05.86 / 06.48.123.133
Email