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Charlie McCreevy est un homme politique irlandais qui a la particularité d'avoir été commissaire européen au Marché intérieur dans la Commission Barroso I avant d'être embauché comme membre du conseil de surveillance de la compagnie Ryanair...


Cette situation induit un conflit d'intérêts réel, au détriment des citoyens européens qui ont fait confiance à ce fonctionnaire durant sa mission mais qui, en aucun cas, ne lui ont offert un blanc-seing pour se comporter en « mercenaire des lobbies ».

 

 

Biographie express

Charlie McCreevy est né en septembre 1949 à Sallins en Irlande. Il est marié et a trois filles et un fils d'un premier mariage et trois fils de son mariage actuel. Il est diplômé de « l'University College Dublin ». Jusqu'en 1977, il a travaillé comme expert-comptable puis est devenu membre de l'Institut des experts-comptables.
Charlie McCreevy a ensuite été élu député au Parlement irlandais dans sa circonscription : le comté de Kildare. Il a occupé cette fonction jusqu'en 2004. Durant cette période, il a été nommé ministre à plusieurs reprises (ministre des Affaires sociales en 1992, ministre du Tourisme en 1993, ministre des Finances en 1997). Par la suite, il a été nommé commissaire européen au Marché intérieur et aux services en 2004.
Une fois ce dernier mandat terminé en 2010, il est devenu « lobbyiste » et s'est fait engager par Ryanair en qualité de membre du conseil de surveillance de la compagnie. Ce rôle consiste à effectuer des visites à la Commission européenne et à essayer d'influencer ses anciens collègues, notamment concernant les nombreux dossiers de plaintes déposés par de simples consommateurs ou par des compagnies concurrentes, comme Air France notamment.

 

Un personnage très controversé

L'homme est intelligent, il a du « métier » en politique et connaît parfaitement tous les rouages de la Commission européenne. Selon les sources bien renseignées de Wikipédia, mais toujours à vérifier, il n'a que faire des questions d'éthique politique et peut très bien être commissaire européen tout en faisant campagne en Irlande pour le non au référendum sur la ratification du traité de Lisbonne. De même, il est volontairement provocateur en déclarant publiquement n'avoir pas lu ledit traité.
Martin Schulz, président du groupe du parti socialiste réclame même sa démission en 2008 et dira de lui : « Comment voulez-vous créer la confiance avec un comportement de ce type ? [...] La meilleure des politiques sociales que vous pouvez annoncer le 3 juillet serait de retirer ce dossier au commissaire McCreevy ». Du jamais vu dans les annales de ce microcosme européen.

 

Un vrai conflit d'intérêts

De nombreuses sources concordantes posent certaines questions qui interpellent :

APNA flecheComment peut-on admettre qu'un ancien commissaire européen qui a été rémunéré par les impôts du contribuable (20 000 euros par mois) pour défendre les intérêts de l'Europe et du citoyen européen, puisse, en toute impunité et sans aucun contrôle de la Commission, être rémunéré par une compagnie privée dans le but affiché d'infléchir le vote de la Commission sur tout ce qui touche Ryanair ?

APNA flecheComment accepter que les institutions européennes n'encadrent pas ce genre de transfert ? Normalement, les anciens commissaires sont censés informer Bruxelles sur leurs activités futures.

 

APNA flecheLes comités d'éthique de la Commission européenne n'ont-ils rien trouvé à redire ?

 

APNA flecheLes mêmes comités accordent-ils des exemptions systématiques aux anciens commissaires qui veulent devenir « lobbyistes » afin de monnayer leur influence ?


APNA flechePeut-on directement rejoindre le privé ou est-on obligé d'observer pendant un an, un certain retrait de toute activité de ce type afin de ne pas se trouver en situation de « conflit d'intérêts » ?

APNA flecheCe type de comportement de « mercenaire » sans aucun contrôle, ne participe-t-il pas, en réalité, à corrompre l'exécutif européen et à jeter le discrédit sur toute l'Europe et sur ses institutions ?

APNA flecheLa Commission Barroso II a bien proposé l'interdiction des activités de lobbying durant 18 mois pour les ex-commissaires, mais dans les faits cela n'étant pas suffisant, comment lutter contre ces excès ?


APNA flecheLe problème est toutefois pris au sérieux puisque Charlie McCreevy a dû démissionner de la banque britannique NBNK Investments au motif qu'il y a « conflit d'intérêts ». Toutefois, la Commission n'a pas osé aller plus loin et elle a laissé McCreevy rejoindre Ryanair, alors que certaines compagnies, comme Air France, dénoncent les subventions régionales, qualifiées « d'aides d'Etat », que perçoit Ryanair au mépris des réglementations française et européenne. En conséquence, comment peut-on accepter que McCreevy puisse aller librement tenter de corrompre ses anciens collègues pour étouffer les plaintes déposées par ses concurrents ? Les règles de la concurrence sont en effet bafouées par celui qui a exercé la fonction de commissaire à la concurrence.

APNA flecheSa situation est d'autant plus délicate que cet ancien commissaire à la concurrence avait été chargé, durant son mandat, de suivre le dossier de l'éventuel rachat d'Aer Lingus par Ryanair. En France, des directeurs de cabinet de ministres se sont vus refuser des postes de PDG pour moins que cela. Peut-on faire preuve de plus de cynisme ?


Les témoignages d'eurodéputées

Michèle Rivasi, eurodéputée EELV apporte un éclairage intéressant. Selon elle, la probité du comité d'éthique peut être mise en doute, dans la mesure où la Commission européenne a reconduit un homme, Michel Petite, qui de par ses fonctions antérieures chez Clifford Chance, avait pour client « Philip Morris International ». Cette reconduction est en effet à mettre en parallèle avec le scandale du Dalligate qui a conduit à la démission de l'ancien commissaire, John Dalli, soupçonné de corruption et de non-respect de la convention-cadre de l'OMS pour la lutte anti-tabac. En reconduisant ainsi Michel Petite au sein du comité d'éthique, alors que tous demandent « transparence et indépendance », la Commission a pris une décision pour le moins surprenante.
Selon l'eurodéputée écologiste : « Ce faisceau d'indices ne laisse présager rien de bon dans la lutte contre les conflits d'intérêts au sommet de la Commission. [...] Depuis sa création, ce comité d'éthique a validé le pantouflage de nombreux anciens commissaires, et ce en infraction aux règles établies », citant ainsi l'exemple de Charlie McCreevy « qui a rejoint Ryanair alors qu'il était en charge des transports comme commissaire au Marché intérieur ».
Pour Michèle Rivasi, la conclusion est évidente : « De telles pratiques éhontées démontrent bien qu'il est urgent de réformer en profondeur les règles d'éthique et de transparence au plus haut niveau européen, afin d'assurer que des passerelles douteuses cessent de favoriser les intérêts privés ».
Une autre eurodéputée du parti travailliste, Mme Childers, révèle que le comité d'éthique n'a pas été contacté, ni avant ni après la désignation de McCreevy à son poste chez Ryanair. Selon elle : « Les doutes sont permis quand on sait l'éthique de McCreevy », citant sa démission forcée de la banque NBNK pour conflit d'intérêts. De même, l'élue va plus loin, en précisant que « l'implication de McCreevy dans l'affaire Aer Lingus pose question! ». En 2006, McCreevy avait déjà affiché son soutien à Ryanair, dans le contexte d'OPA hostile envers Aer Lingus.
Toutes ces situations douteuses démontrent à l'évidence qu'il est grand temps que la Commission européenne reprenne la main sur ces reconversions qui jettent un discrédit sur l'ensemble des institutions européennes.

 

Sources
● Association Internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs : « Empêchons les commissaires de monnayer leur influence » ;
● Cyber@acteurs ;
● Bastamag : « Ces anciens commissaires devenus mercenaires des lobbies » ;
● Michèle Rivasi : communiqués de presse, 26 octobre 2012 et 3 janvier 2013 ;
● Nessa Childers : « A strong voice for Leinster », 21 octobre 2010.

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