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Plus l'on s'intéresse au business model très particulier de Ryanair, plus l'on découvre qu'il n'y a aucune limite à l'innovation en matière de réduction de coûts.

 

 

 

Nous avons déjà évoqué le livre de Chistian Fletcher, CDB chez Ryanair, « Ryanair : low cost, mais à quel prix ? ». On y a notamment découvert comment le personnel navigant est sévèrement exploité et terriblement contraint sur les 55 bases de la compagnie irlandaise. Mais on était loin du compte... très loin ! Notamment en matière de ruse pour contourner non seulement la loi, mais aussi et surtout les jugements qui sont rendus quand la loi n'est pas appliquée.

 

Notre dernier scoop est marseillais. Figurez-vous que dans cette belle région de Provence, Ryanair a élu domicile en 2007 en créant une base à Marignane avec le soutien indéfectible du maire de Marseille. Seulement voilà, Ryanair a, comme à son habitude, refusé de se mettre en règle avec les lois sociales françaises, considérant que le personnel pouvait très bien être rémunéré, comme partout ailleurs pour Ryanair, avec un contrat de travail irlandais (tout du moins pour ceux qui sont salariés).
Interpellé par la CGT, le SNPL, l'UNAC, le SCARA, Pôle Emploi, le SNPNC, l'URSSAF, et la CRPN, le Tribunal de Grande Instance d'Aix-en-Provence a rendu un jugement condamnant Ryanair pour travail dissimulé, prêt de main d'œuvre illicite, divers délits d'entrave, etc. En conséquence, le 2 octobre 2013, Ryanair a été astreinte à verser, avec exécution provisoire mais immédiate, la bagatelle d'environ 10 millions d'euros !!!
Plusieurs années auparavant, Ryanair, dès sa mise en examen le 27 septembre 2009, avait annoncé en représailles la fermeture de sa base de Marseille, évoquant les destructions d'emplois inévitables à cause de cette fermeture.
lettre gaudin

 

Jean-Claude Gaudin y était aussi allé de son couplet pour soutenir Ryanair en écrivant à son ami Nicolas Sarkozy pour se plaindre du fait que les lois sociales françaises soient appliquées dans son fief, en demandant en particulier l'abrogation du décret de 2006. Il avait même perdu son calme sur France Inter dans l'émission « Là-bas si j'y suis » en déclarant qu'il n'avait rien à faire du droit du travail ! et que de toute façon il ne le connaissait pas !

 

 

Ryanair plante sa tente...

 

En fait, Ryanair n'a jamais quitté Marseille et, non contente d'y être restée, la compagnie n'a pas revu les rotations d'avions pour éviter les découchers. Mieux encore : le nombre d'avions en découcher n'a cessé d'augmenter.

Pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre que si un avion « dort » à une escale en attendant le petit matin pour repartir, il faut que ses PN y dorment aussi. S'il n'y a plus de base, où dorment-ils ? Peut-être tout simplement à l'hôtel comme c'est le cas du personnel de quasiment toutes les compagnies du monde lorsqu'elles ne sont pas basées ? Eh bien non ! Ryanair a encore innové : ses navigants dorment au camping !

C'est ainsi que nous avons retrouvé une soixantaine « d'estivants » en uniforme Ryanair qui vont et viennent entre l'aéroport de Marignane et le camping « Marina Plage » de Vitrolles où ils partagent des mobil-homes.

C'est dans ce charmant camping sis au bord de l'étang de Berre à deux pas de la zone industrielle que les PNC peuvent jouir d'un apaisant repos au milieu d'une faune sympathique (dromadaires, lamas, etc.) qui participe à la réputation de ce camping.

Les attractions nocturnes sont aussi au rendez-vous comme en témoigne la brochure reproduite ci-contre. Et les contrats de location de leurs mobil-homes sont de longue durée car les navigants n'y sont pas que pour une rotation : de l'art d'être basé sans base !!!

Les pilotes ont, eux, préféré un emplacement plus éloigné de la zone industrielle de Vitrolles et de ses raffineries et ont élu domicile dans d'autres campings de la Côte Bleue, précisément à La Couronne près de Martigues. La plage y serait plus « sympa » selon l'un des pilotes espagnols que nous avons pris en stop à la sortie de l'aéroport de Marignane...

Bien sûr Michael O'Leary dira que ce ne sont que des mensonges, à moins qu'il affirme ne pas connaître ces PN-là, ce qui est peut-être vrai dans la mesure où 76 % des PN travaillant pour Ryanair n'en sont pas salariés mais officient seulement en tant que faux indépendants loués à la tâche via un faux-nez comme « Brookfield aviation », tels de simples mercenaires, et ce afin de contourner tous les dispositifs de charges sociales.

 

 

Une compagnie coutumière du fait

 

Nous disions en introduction que le pire peut toujours être surpassé, il en va ainsi des annonces qui accompagnent cette course permanente à la tromperie. Ainsi, le 22 mai lorsque l'OCTLI a perquisitionné dans les locaux de Ryanair à Marseille, suite à une nouvelle plainte du SNPL, le PDG de Ryanair a poussé des cris d'orfraie. Et, comme à son habitude, il a piqué sa colère médiatique en s'en prenant aux institutions françaises non sans avoir martelé combien il était victime d'acharnement judiciaire alors que Ryanair a toujours respecté les lois communautaires.

En effet selon son porte-parole, Robin Kiely, dans un communiqué du 22 mai : « Il est inacceptable qu'une compagnie aérienne européenne qui est en parfaite conformité avec la législation européenne de l'emploi dans l'aérien soit, de manière injuste et illégale, harcelée par des magistrats et la gendarmerie locale à Marseille. Cette intrusion injustifiée et illégale, sur un site d'opérations estivales et temporaires à Marseille, est en violation avec la libre circulation des services et travailleurs qui est garantie par l'Union Européenne. Ryanair a introduit aujourd'hui des plaintes formelles contre ces actions de la gendarmerie de Marseille, et interpellé la Commission Européenne et les gouvernements irlandais et français afin de faire respecter les droits des citoyens européens (incluant ceux d'une compagnie immatriculée en Irlande) pour opérer des vols au départ et à destination de Marseille sans intrusion des autorités locales ».

A ce stade ce n'est plus du mensonge, c'est de la pure provocation, comme si rien ne semblait devoir faire honte au trublion de Dublin.

 

 

L'APNA aux aguets

 

Quand cessera cette mascarade ? Quand nos élus - ceux-là même qui arrosent Ryanair à coups de subventions provenant de nos impôts - comprendront-ils qu'ils alimentent un système plus que contestable ?

Qui, parmi eux, aura le courage de rompre l'omerta qui règne sur les circuits présumés de rétro-commissions, les procédés d'évasion fiscale, et de participer à une commission parlementaire maintes fois demandée sur ce sujet et toujours refusée quelle que soit la majorité en place.

L'APNA a écrit au Président Hollande et au ministre des Transports il y a plus de six mois sans aucun succès.

Maintenant que les élections municipales et européennes sont passées, se trouvera-t-il des hommes ou des femmes parmi nos représentants élus au Sénat ou à l'Assemblée Nationale pour réclamer cette commission ? Nous aideront-ils à susurrer à l'oreille de la Cour des Comptes qu'il serait de bon ton qu'elle se penche de nouveau - comme en 2008 - sur les comptes des régions qui dépensent plus de 100 millions d'euros de nos impôts pour engraisser des transporteurs étrangers qui ne payent ni leurs charges sociales ni leurs impôts et détruisent l'emploi des compagnies françaises.

La libre concurrence ne doit pas être la « chienlit ». Les lois sont faites pour être respectées par tous et les contrevenants doivent être sanctionnés. Si l'on ne fait rien pour endiguer la mode des faux indépendants façon Ryanair, il n'y aura plus de compagnie aérienne établie en France d'ici moins de quinze ans !

L'APNA ne peut accepter cette déconfiture programmée du pavillon français ni le triomphe d'entreprises qui bafouent les lois européennes et nationales.

L'APNA va donc prochainement proposer à chaque pilote qui se sent concerné d'écrire à son député et à son sénateur pour que soient enfin constituées les commissions d'enquêtes parlementaires ad hoc.

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